To be or Not(homb) to be ?

Bonjour toi !

Parce que NON, Nicolintello n'a pas le monopole de la culture sur ce blog, moi aussi je peux écrire un avis littéraire !!! Bah oui je suis pas un être qui se définit par son addiction aux choses futiles et superficielles, ouais moi aussi j'aime la culture ! Et surtout que dans le mot culture, il y a "-ture" !! Bref, juste pour vous signaler que cet article est signé de mes deux mains et de mes dix doigts et que je me nomme Laurent ! :)

L'overbookation (du mot "overbooké" dont je ne vous donnerai pas la signification en latin-grec) et la fatigue font de l'être formidable que je suis une grosse loque... Oui, c'est vrai, n'ayons pas peur des mots, je suis une loque qui sitôt chez lui ne bouge plus et reste inerte...

Inerte du corps mais pas des yeux... Ah, les yeux, cette formidable invention ! Ces deux petits ronds qui sont une fenêtre sur le monde (ah non, mince, ça c'est Internet. ) Ah ! les yeux, ces deux petits ronds qui nous permettent de voir, de savoir, d'écrire, de lire... Enfin bref, je vais pas faire l'apologie des yeux, surtout les miens qui, entre nous, sont très beaux je vous le concède...


Comme chaque année à la même période, à la fin août-début septembre, se produit un phénomène étrange... Le soleil devient moins fort, les enfants rentrent à l'école, la routine réenvahit les villes, de nouvelles émissions font leur apparition sur des chaînes de non utilité publique, et la littérature fait parler d'elle... Ils sont venus, ils sont tous là, elle n'est pas morte la rentrée littéraire...

Lors de ces rentrées, on retrouvera des habitués... Bernard Werber, Marc Lévy, Michel Houellebecq... Mouais que du bon quoi (ou pas) !

Tiens, mais que vois-je ? ou plutôt qui vois-je ? mais c'est bien sûr !!! Il ne manquait qu'elle pour que la rentrée littéraire commence !!! Quelques secondes de réflexion pour ceux qui hésitent... Tic, tac... Tic, tac... Tic, Tac... Je suis , je suis... TROP TARD... Je suis Amélie Nothomb !

Oui, c'est moi, Amélie !!!



En effet, une rentrée littéraire sans Amélie Nothomb c'est comme un pois sans le chiche (Perso, j'aime bien ma comparaison)... Mademoiselle Nothomb nous a habitués à cela... Une fois par an, la belle aux chapeaux extravagants et aux névroses maniaco-dépressives revient en force... Les critiques se déchainent, les lecteurs se délectent (ou pas), et les médias se l'arrachent...

Même si, depuis quelques années, le déchainement est moins passionné et passionnel, il existe et reste palpable à chaque sortie d'une de ses œuvres.
Bon, trêve de blablatages, parlons peu mais parlons bien : parlons Nothomb....


(Le passage que tu peux et devras zapper si, de la vie de l'auteure, t'en as rien à carrer)

Il était une fois en 1967 la naissance d'une petite Amélie. Cette petite fille avait pour père un ambassadeur, baron et écrivain et pour oncle un homme politique, rien que ça...

Les premières années de la belle Nothomb (Oui, "la belle" n'en déplaise à certains) se sont déroulées au Japon... Ce Japon d'ailleurs qui ne la quittera plus... En effet, Amélie restera très attachée à cet archipel, à cette culture, à ces âmes...

Mais les aléas de la vie font que... avec un père ambassadeur, dur de rester stable (ouais enfin il y a pire que d'être fille d'ambassadeur, faut pas déconner !!! ) C'est donc pendant son adolescence que les voyages et les déménagements se succédèrent... Du Japon en passant par le Laos, en repassant par les États-Unis et la Birmanie, c'est finalement la Belgique qui voit se poser la famille Nothomb.
Mademoiselle a maintenant dix sept ans et commence des études en philologie romane (je vous expliquerai bien ce que c'est mais mon ami le Robert le fera mieux que moi !! )

Selon les dires et les écrits d'Amélie, les années d'université et les voyages successifs ne lui ont pas laissé de très bons souvenirs... Elle a du mal à se réadapter au monde occidental, qu'elle trouve étrange... De là, elle se sentira rejetée et incomprise... L'écriture sera sans nul doute un de ses réconforts.

C'est à dix sept ans que la belle Nothomb commence à écrire et à devenir comme elle aime à le dire "Graphomane, malade de l'écriture"... Et elle n'a pas tort car tenez-vous bien, Amélie Nothomb a 33 ans et a déjà écrit 37 romans...
Parmi cette ribambelle de romans, une vingtaine ne sera jamais publiée car trop personnels apparemment....

Bon, une vingtaine de romans rangée, certes, donc ça en fait encore presque une vingtaine pour nous, lecteurs !!!!

Et heureusement, elle accepte de nous donner de sa plume de la littérature. C'est en 1992, que Nothomb apparaît avec Hygiène de l'assassin... 1993, Le Sabotage Amoureux qui reçoit un accueil particulièrement bon... 1994, Les Combustibles... 1995, Les Catilinaires... 1996, Peplum... 1997, Attentat... 1998, la coupe du monde de football (beaufs power) mais aussi Mercure...
Et là, en 1999, c'est la consécration : Stupeur et Tremblements reçoit le grand prix du roman de l'Académie Française... Et on continue, 2000 : Métaphysique des tubes... 2001, Cosmétique de l'ennemi... 2002, Robert des noms propres... 2003, Antéchrista... 2004, Biographie de la faim... Et la star de cet article, en 2005, qui porte le doux nom d'Acide Sulfurique.


(Le moment où, si tu as zappé le passage ci-dessus, tu peux reprendre ta lecture... )




La première de couverture.


Bienvenue dans la nouvelle émission de Télé-Réalité : Concentration... Concentration comme Camps de Concentration.... Hum, ça donne envie hein ?! Le principe est simple mais n'en est pas moins cruel : on enlève de braves gens dans la rue et on les enferme dans des camps de concentration... Mais attention, ils sont filmés : quand l'horreur télévisuelle et humaine attend son paroxysme.
On recrute des gens pour être les gardes cruels des recrues innocentes... Ces gardes seront appelés Kapos... Autant accentuer autant que possible la barbarie...

Parmi les Kapos on retiendra Zdena. La jeune chômeuse paumée qui aimait la vie mais qui a vite vu que la vie ne l'aimait pas. Elle incarne le mal à l'état brut.
Parmi les recrues innocentes, on retiendra Pannonique. La beauté à l'état pur, autrement dit le contraire de Zdena, qui va tomber sous le charme de Pannonique ou CKZ 114.

Ces deux contraires vont donner lieu à des chocs... Ces chocs retransmis en Direct Live font vibrer les téléspectateurs et les records d'audience sont battus. Les gens votent avec leur téléphone, leur télécommande, ils éliminent et ils regardent chaque jour de nouvelles victimes se faire tuer. Et plus c'est gore, plus c'est bon...

Et hop, un extrait


"A la revue matinale, Pannonique vit le kapo Marko ramener la fillette. Elle sourit à la petite qui avait une mine de déterrée.
Puis le Kapo Jan vint sélectionner les condamnés du jour : normalement, il passait en revue l'effectif et jugeait qui méritait de mourir ; cette fois, sans hésitation, il sortit du rang ZHF 911 et PFX 150.
Un frémissement parcourut l'assemblée. On avait beau avoir l'habitude du mal, la condamnation d'un enfant, c'était autre chose. On ne parvint même pas à se réjouir d'être enfin débarrassé de la vieille.
On entendit pour la première fois la voix de ZHF 911, qui résonnait toujours à mi-chemin entre le grincement et le ricanement.
- Les extrêmes s'attirent, on dirait.
Il lui était égal de mourir.
PFX 150, elle, resta abasourdie de silence.
On dut la pousser pour la faire marcher."
(Deuxième partie - Page 90 - Editeur Albin Michel - 2005)


J'ai passé près de trois jours à lire ce livre. Non pas qu'il soit long (193 pages), mais parce que je dois l'avouer, je n'ai pas accroché tout de suite...
Au début, je me suis dit que ça allait passer et pourtant, je n'ai pas accroché. Je dois dire que je suis assez perplexe car j'ai eu l'impression quelques fois que je n'étais pas en train de lire du Nothomb.
En effet, le style n'est pas celui des autres romans de la belle... Un des traits particuliers dans l'écriture d’Amélie Nothomb c'est le cynisme... Et là, il n'est que trop peu présent.

☼► L'histoire met du temps, je trouve, à démarrer et lorsqu'elle démarre enfin elle se met à stagner... J'ai trouvé le parallèle entre Télé Réalité et Camps de concentration assez subtil, mais je m'attendais à être plus choqué que cela... Si je ne suis pas choqué et que d'autres non plus c'est peut-être parce que de nos jours, plus rien ne nous étonne et que c'est peut-être la fin de l'humanité... Est-ce aussi parce que j'ai trouvé la plume de Nothomb trop lisse, trop pas assez en fait... Pas assez de Nothomb, pas assez de cynisme, pas assez de grands coups dans les yeux... Bref, ce livre, c'est 196 pages de "pas assez". On retrouve bien sûr le style nothombien, certes, mais il manque ce petit quelque-chose... C'est bien sûr un avis personnel et ce n'est pas pour autant que je n'ai pas aimé ce livre... Bien au contraire... C'est quand même du Nothomb... En un peu plus cadré...

Même Salem s'y est mis !
Bien sûr, mes confrères, les critiques littéraires, s'en sont donnés à cœur joie en écrivant sur cette nouvelle œuvre. Lors de nos nombreux dîners voila ce que j'ai pu entendre :

Lire - Frédéric Beigbeder (Septembre 2005)

"(...) pour la première fois en douze livres elle choque. Tant mieux ! Permettez-moi d'ajouter : il était temps ! L'une des missions du roman est peut-être d'anticiper la fin du monde. Je comprends que l'on puisse détester 'Acide sulfurique' mais je suis favorable à l'existence de ce type de romans. La fiction sert à comprendre notre réalité, même et surtout quand elle est terrifiante."

Le Nouvel Observateur - Jean-Louis Ezine (Septembre 2005)

"L'auteur ne réussit qu'à banaliser l'imperceptible, ce que la loi réprouve. Tant de bêtise, alliée à une telle absence de talent, décourage presque la protestation."

L'Express - Marianne Payot (29 Août 2005)

"Il y a tout juste un an, on se félicitait de la boulimie d'Amélie Nothomb avec Biographie de la faim. Stupeur et effarement ! Le menu nothombien de cet automne s'avère bien avarié. La voracité a fait place à la gloutonnerie, la finesse à la grossièreté, l'excentricité à la trivialité. Sur un sujet rabâché en notre époque moutonnière, la téléréalité, Amélie Nothomb imagine le pire."


☼► Bon et bien voilà !

Vraiment pas plus emballé que ça par ce roman... La rentrée littéraire a tout de suite moins de goût sans un bon roman nothombien et celle de 2005 a paru bien fade (Punaise ! Et là, je viens de me prendre 8 ans dans ma face, je viens de relire ce bouquin mais ma première lecture datait d'il y a 8 ans !!! Waow !!! C'est moche le temps qui passe vite comme ça ! )

Sachant que notre bibliothèque contient près de dix romans nothombiens, il y aura, sans nul doute, d'autres avis sur les romans d'Amélie...

Une partie de nos livres de Nothomb !


Si vous n'avez jamais lu de Nothomb, je vous conseille de remédier à cela. C'est fin, très fin et ça se lit sans fin. Lire n'est pas dangereux pour la santé, ça peut même l'améliorer !!!! Essayez !! Après, si vous avez déjà lu du Nothomb et que vous n'avez pas aimé, ni le style, ni le personnage, je peux aisément vous comprendreOn adhère ou pas, mais on ne reste quand même pas indifférent, ni au personnage ni au style, et c'est quand même quelque chose qui n'est pas donné à tout le monde...

Ceci était un article de Laurent !

7 commentaires:

  1. J'ai lu et apprécié plusieurs Nothomb mais le thème de celui-ci, je ne peux pas.

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    1. Pour ma part, je ne l'ai pas lu et j'ai eu de plus en plus tendance à moins lire Nothomb mais à chaque rentrée, comme un rituel, j'offre le dernier à Laurent !

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  2. Je n'avais jamais entendu parler d'elle et tu nous la présente très bien! ;) je vais aussi faire des recherches de mon côté, du coup!

    Bonne continuation!
    Alice

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    1. J'espère que tu trouveras ton bonheur Nothombien ! Merci pour ton commentaire :) Elle mérite d'être lu mais un conseil, pour la découvrir, commence par ses premiers bouquins, ce sont les meilleurs...Les derniers sont un peu décevants à mon goût ! :) Bonne lecture :)

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  3. J'ai tenté Nothomb parce que N°1 a adoré, mais je n'ai pas accroché du tout du tout. Après, c'est vrai que ça ne demande pas un long temps de lecture, ni d'avoir le dico à côté. Mais tant qu'à lire un truc qui ne prend pas la tête, je préfère que ce soit plus léger.

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    1. Comme je dis avec Nothomb, je pense qu'on aime ou on aime pas mais elle a quand même le mérite de ne pas laisser indifférent. Moi j'aime le personnage aussi, je pense que ça fait beaucoup ! Mais par contre je comprend aisément qu'on puisse ne pas accrocher !!! C'est ça la littérature aussi :) Merci du passage !! :))

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  4. oui, le cynisme de cette auteure mais c'est pas ma tasse de thé ....je trouve que c'est un cynisme marketting....mon préféré , c'est Stupeur et Tremblement , tres drôle, pas tres Nothomb en fait. il parait que ceux qui n'aime pas (trop) Nothomb n'aime que Stupeur&tremblement....donc si le personnage est étonnant , ses romans je m'en passe ...

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